Le festival

Un festival pour les étudiants

Le festival des sept cordes a pour vocation de sensibiliser les publics parisiens et franciliens, et particulièrement étudiants, aux musiques chinoises. Avec une programmation musicale exigeante et de grande qualité, il souhaite également s’articuler sur un axe pédagogique fort, en lien avec les milieux universitaires sinophiles parisiens. Ainsi, des concerts pédagogiques seront donnés, pendant lesquels les œuvres jouées alterneront avec des explications. En parallèle des concerts, plusieurs activités et ateliers seront organisés sur les campus de Sorbonne Université pour faire découvrir la culture chinoise aux étudiants.

Un renouveau du guqin dans la culture chinoise

Le guqin,古琴 ou qin,琴 litt. « antique instrument à cordes » est une cithare à cordes pincées sans frettes ni chevalets. Il a été pratiqué de manière ininterrompue jusqu’à aujourd’hui et dans sa forme actuelle depuis certainement la dynastie des Han Orientaux (25-220). Favori du Lettré, cet instrument offre de par son exceptionnelle ancienneté une clef singulière de compréhension de la culture chinoise ainsi que de toute la sphère sinisée (Corée, Japon, Vietnam, Asie du Sud-Est etc.).

La pratique de cet art millénaire bénéficie d’un renouveau en Chine populaire ainsi qu’à Taiwan depuis plus de trente ans. Plus récemment, son inscription en 2003 au « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » de l’UNESCO ainsi que le solo interprété par Chen Leiji 陳雷激 durant la cérémonie d’ouverture des J.O. de Pékin en 2008 n’ont fait qu’amplifier ce regain d’intérêt populaire.

Des liens historiques

L’étude de la musicologie chinoise est historiquement étroitement liée à la France. En effet, le premier à en produire une analyse détaillée est le père Joseph- Marie Amiot, missionnaire français jésuite du xviiie siècle, ouvrant depuis la voie d’une tradition féconde en la matière. Aujourd’hui, si l’art du guqin est étudié à travers le monde, Paris reste une ville de premier plan dans les domaines de la sinologie et de l’ethnomusicologie.

Paris, une ville sinophile

L’intérêt de réaliser un tel projet musical dans la capitale est triple.

Tout d’abord, Paris regorge de propositions artistiques et musicales et demeure une ville culturelle de rang international. Néanmoins, malgré une très forte diversité des événements artistiques, des projets mettant en scène des musiques de traditions chinoises sont peu nombreux. Or, les publics parisiens seraient susceptibles de s’y intéresser au regard de l’importance croissante des relations

franco-chinoises.

La ville comporte également des lieux privilégiés comme des musées spécialisés dans les arts asiatiques, les Musées Guimet et Cernuschi, et plusieurs spécialistes de la musique chinoise, notamment Véronique Alexandre Journeau, François Picard ou Georges Goormaghtigh travaillent dans ce domaine à travers des institutions académiques comme l‘IReMus. Il existe ainsi déjà une offre artistique et un développement intellectuel important dans le domaine.

Enfin, de nombreuses personnes d’origine chinoise résident dans la capitale et sa proche banlieue. A l’échelle nationale, elles contribuent à constituer en France la plus grande communauté chinoise d’Europe. Ce festival sera ainsi une occasion pour ce public de (re)découvrir un patrimoine artistique et culturel d’une incroyable richesse.